La Surdité chez l'enfant


Consulter le " Guide pratique " pour les enfants sourds


Les statistiques


Il nait en France environ 2 enfants sourds pour 1000 naissance

Facteurs de risques


Certains facteurs de risques augmentent la probabilité des troubles auditifs :

  • Antécédents familiaux de surdité précoce
  • Malformations crâniennes ou faciales
  • Traitements particuliers (aminosides, chimiothérapie, quinine, furosémide,…)
  • Antécédents anténataux (rubéole, toxoplasmose, cytomégalovirus,… )
  • Antécédents néonataux (séjour en soins intensif, naissance prématurée,… )
  • Antécédents postnataux (méningites, oreillons, otites ou rhino-pharyngites répétées,… )

Si l’un de ces facteurs est présent, il faut absolument :

  • S’assurer qu’un dépistage néonatal a bien été effectué
  • Et instaurer une surveillance de l’audition au cours de la petite enfance, même en cas de dépistage normal
audioprothésiste

Conséquences


Un enfant malentendant peut réussir comme un enfant entendant à condition qu’il soit canalisé et accepte de faire des efforts plus grands

Dépistage précoce


L'examen du nouveau-né est primordial, surtout lorsqu'il s'agit d'un enfant à risque (prématurité, anoxie, antécédents familiaux, …). Le but est d’optimiser le développement de la parole, du langage et de l’autonomie sociale. Il n’est réalisable qu’avec le consentement des parents. Il s’agit d’un test automatisé, totalement indolore, réalisé par les puéricultrices, les infirmières ou les médecins. Selon les résultats de ce dépistage et pour lever le moindre doute, le nouveau-né peut être redirigé vers un service ORL ou un CDOS (Centre de Diagnostic et d’Orientation de la Surdité) pour des examens complémentaires

Si le dépistage néonatal ne révèle aucun disfonctionnement, il est tout de même fortement recommandé d’effectuer un autre dépistage à 3 mois car beaucoup de surdités ne se manifestent que secondairement.

D’une manière générale, il est recommandé en cas de moindre doute.

Comment la detecter ?


Certains signes dans le comportement de l’enfant peuvent faire suspecter un problème d’audition :

  • 1ères semaines de vie : absence de réaction au bruit ou à la voix quand le nourrisson est calme et éveillé (sursaut, arrêt de son activité). Sommeil imperturbable. N’est pas apaisé par la voix de sa mère.
  • 6 – 9 mois : appauvrissement du babil. Absence d’orientation vers le bruit. Ne pointe pas du doigt. Ne réagit pas à la musique.
  • 9 - 18 mois : retard ou absence d’apparition des 1ers mots. Ne réagit pas à son prénom. retard de la marche. Troubles de l’équilibre.
  • 18 – 24 mois : incompréhension des phrases courtes et simples. Retard dans la répétition des syllabes. Troubles du comportement. Solitaire, en retrait avec les autres enfants.
  • Après 24 mois : absence d’association de mots. perte de langage ou de compétences sociales. Fait répéter, surtout dans le bruit. Comportement trop calme ou au contraire trop agité. Augmente le volume de la télé. Regarde les lèvres de son interlocuteur.

Chronologie d’acquisition du langage chez l’enfant normo entendant :

  • Vers 3 mois : le bébé émet ses 1ers sons.
  • Vers 5 mois : prend plaisir à changer de mélodie, d’intonation.
  • Vers 7 mois : apparition du babil : répétition de syllabes.
  • Vers 14 mois : « papa » « maman », 1ers mots
  • Vers 18 mois : 4 à 6 mots en plus des précédents
  • Vers 21 mois : jargon avec mots reconnaissable
  • Vers 23 mois : associe 2 mots
  • Vers 24 mois : associe 2 mots dont un verbe.
  • Vers 24 mois : vocabulaire d’une cinquantaine de mots

Tout retard de la parole ou troubles du langage doit amener à faire un dépistage auditif. Le retard au diagnostic est d’autant plus grave que la surdité est importante. En cas de suspicion d’un trouble auditif, consulter un ORL, un pédiatre ou le médecin traitant.

Prise en charge


En effet, la surdité est une urgence car tout retard aggrave le retentissement du handicap. Suivi précocement, l’enfant a toutes les chances d’évoluer favorablement. L’appareillage ne restitue cependant pas une audition normale. Une prise en charge spéciale peut être nécessaire selon l’importance de la perte auditive.

La prise en charge doit être rapide afin d’éviter un arrêt de la maturation auditive. C’est pourquoi il ne faut pas perdre de temps après l’annonce du diagnostic. Celle-ci peut être assurée par divers intervenants médicaux et para médicaux dont le « chef d’orchestre » est le médecin ORL.

  • ORL : Il est le centre de l’équipe pluridisciplinaire en charge de la déficience auditive de l’enfant. Présent dès le dépistage, il suit l’audition, les fonctions de communication, la qualité des émissions vocales, de la parole et du langage, est attentif à insérer ces paramètres dans le développement global de l’enfant. Il synthétise l’information et guide les parents.
  • prothétique : L’appareillage précoce est fondamental pour permettre à l’enfant d’utiliser au maximum ses restes auditifs et entraîner la maturation de la fonction auditive. Cette prise en charge aura un effet direct sur l’acquisition de la parole et du langage par l’enfant.
  • orthophonique : La prise en charge orthophonique doit être mise en place parallèlement à l’appareillage. Elle aide l’enfant à donner du sens aux sons de paroles et donc du sens à l’utilité des appareils. Cette augmentation de la signifiance de son environnement sonore comblera de plaisir l’activité exploratoire de l’enfant et l’emmènera vers un cercle vertueux d’apprentissage
  • médecin pédiatre : Il pourra examiner l’enfant, suivre son développement et prescrire des examens complémentaires notamment pour la recherche de troubles associés.
  • psychiatrique : Le médecin psychiatre pourra apporter aux familles la prise en compte de la dimention psychanalytique et assurera la régulation du fonctionnement de l’équipe.
  • psychologique : Le psychologue pourra participer à l’évaluation du développement de l’enfant, de ses possibilités et de ses acquis, appréciera la capacité de réactions de l’entourage en assurant un accompagnement régulier de la famille.

Quel avenir pour l’enfant ?

Il est du rôle de l’équipe pluridisciplinaire responsable de l’éducation précoce de l’enfant d’informer la famille le plus largement possible sur toutes les méthodes éducatives existantes.